Affichage des articles dont le libellé est cancer. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est cancer. Afficher tous les articles

vendredi 4 mai 2018

"La maladie guérit" en version espagnole: "Escuche su cuerpo"

Prevenga el cáncer y otras enfermedades catastróficas

La autora fue diagnosticada con cáncer de mama, y nos narra en este libro su experiencia en el duro proceso de aceptación y luego transformación de su enfermedad, a través de un diálogo profundo y amoroso con cada órgano de su cuerpo, especialmente los afectados
por el cáncer. Este libro es una fuente de inspiración para quienes se enfrentan a cambios en su estado de salud y los invita a convertir el caos que se genera, en una oportunidad para acercarse a sí mismos y a la vida. Editorial Panamericana


samedi 31 mars 2018

La Ligue contre le cancer: une association de bien commun?

En tant qu'ancienne malade du cancer, auteur et conférencière, j'ai été invitée à accompagner des femmes en traitement contre un cancer dans un nouveau centre qui allait être inauguré dans l'arrière-pays héraultais: groupes de paroles, ateliers, massages ... Pendant trois ans, la personne qui était à l'origine de ce projet, également une ancienne malade, m'a informée  de son avancement. Sous l'égide de la Ligue contre le cancer, le centre Escale est actuellement en train d'ouvrir ses portes. Comme convenu, je me suis présentée pour animer bénévolement des ateliers d'écriture. Pour cela, j'ai été convoquée pour passer un entretien avec une psychologue de la Ligue. 

Lors de cet entretien, j'ai surtout parlé de l'importance d'aller découvrir en soi le potentiel pour guérir. Ma candidature n'a pas été retenue. J'étais "trop engagée". Suite à ce refus, j'ai envoyé un courrier à la Ligue dans lequel j'explique mon étonnement. J'avais décidé de rendre public ce courrier, ce qui a amené le président du comité de l'Hérault, Jean-Bernard Dubois, à m'accuser de propos diffamatoires. Mon intérêt n'est pas d'entrer dans une bataille quelconque. Je considère néanmoins important que la position d'une association qui se dit d'utilité publique soit connue. Voici notre échange:


Madame, Monsieur,

Je suis au regret de vous informer que votre appel à candidature n’a pas été retenu. Suite à l’entretien avec votre psychologue le 22 février 2018, je ne pourrai pas donner suite à ma proposition de m’engager en tant que bénévole dans le nouveau centre Escale de Gignac. L’échange a dévoilé que nous ne partageons pas les mêmes valeurs.

Ancienne malade qui à fait dans son propre corps l’expérience d’un cancer, j’aurais souhaité, à travers mes ateliers d’écriture, pouvoir témoigner de ce qui m’a aidé si tel aurait été le souhait des inscrits : la décision de regarder le problème en face et de l’accepter, d’écouter le message du mal-a-dit et de prendre la responsabilité pour ce qui se passe dans mon corps. C’est ainsi que j’ai pu dépasser la souffrance qui découlait de mon impuissance et retrouver ma dignité. J’aurais voulu inspirer d’autres à aller chercher en eux-mêmes cette étincelle qui leur permet de devenir créateur de leur chemin de guérison. 

Selon votre psychologue, il ne serait pas souhaitable de partager ses propres expériences lors des interventions. Elle a affirmé à plusieurs reprises que, de toutes façons, les patients ne voulaient pas savoir comment d’autres se sont sortis de leur maladie. En tant que pédagogue, ancienne malade, auteur de plusieurs livres sur le cancer, conférencière et bénévole d’accompagnement, je peux témoigner du contraire et ne peux que m’étonner de cette énormité du côté d’une personne qui se dit formée en psychologie.

A la question de la psychologue ce qui a déclenché mon envie d’intervenir dans le nouveau centre, j’ai répondu que c’était Madame C. O. qui m’avait contactée il y a plus de trois ans et qui m’a depuis régulièrement informée sur l’avancée de ce qui au départ était son projet. Dans ce contexte, j’ai répété mon désaccord avec le fait que son engagement assidu et dévoué n’ait pas été mentionné le jour de la présentation du centre. Suite à cette remarque, votre psychologue s’est montré irritée. Il serait hors de question de mettre en avant certaines personnes et par ailleurs, la Ligue n’avait pas besoin de Madame O. pour ouvrir ses centres. 

Arrivée aux dernières questions, j’ai exprimé ma crainte de ne pas pouvoir garantir une expression libre lors de mes ateliers. La réponse de la psychologue a été claire : C’est la Ligue qui donne l’argent et c’est elle qui commande. 

Pour moi, cet entretien fait preuve non seulement d’un grand manque de respect envers les personnes qui souhaitent s’engager bénévolement. J’observe également une tendance à priver les patients d’informations qui pourraient les aider à mieux vivre avec leur maladie voire la dépasser. Cette attitude que je qualifie de manipulatrice et de dangereuse n’est pas en accord avec une association qui se dit d’utilité publique et qui tire des bénéfices de ce statut.

Suite à cette expérience, je ne me sens pas en confiance avec votre organisation. Je ne pourrai donc malheureusement pas donner suite à votre requête de m’exprimer favorablement à propos de votre centre et de le faire connaître dans mes réseaux et vous dis avec les mots de votre psychologue : Je n’ai pas besoin de la Ligue contre le cancer pour m’engager. 

Respectueusement,
Kerstin Chavent


Chère Madame, 

J’ai lu votre courriel et votre lettre du 27 février 2018 concernant votre éventuelle participation en tant que bénévole à l’Escale Bien Etre de Gignac qui doit ouvrir prochainement sous la responsabilité du comité de l’Hérault. 

Vous avez eu un entretien avec notre psychologue, Mme Marielle Fau. Vous faites état de divergences qui seraient apparues au cours de cet entretien et vous portez des jugements sur les positions de la Ligue contre le cancer, ses objectifs et sur la personne avec qui vous vous êtes entretenue. Tout ceci me parait non seulement discutable mais déplacé. De plus, les propos que vous tenez sur une association qui « se dit d’utilité publique, qui se nourrit des dons et des legs de ceux qui croient bien faire » sont manifestement diffamatoires. 

La Ligue contre le cancer est en effet une association reconnue d’utilité publique qui dépend de ses donateurs qui depuis maintenant 100 ans n’ont pu que constater la bonne utilisation des fonds qui lui sont confiés, l’engagement, le dévouement, la probité de ses bénévoles. 

Je vous prie d’agréer, Chère Madame, mes sentiments les meilleurs. 

Professeur Jean-Bernard Dubois 

Président du comité de l’Hérault LNCC

PS. Nous exigeons un droit de réponse à votre blog

mardi 19 décembre 2017

Un lieu sauvage - le témoignage d’une guérison

Regard sur une guérison à la fois extraordinaire et exemplaire. Mon article dans le journal Néosanté à propos du livre de Gabriele Freytag:


« L’essentiel n’est indiqué sur aucune carte.
Il se dévoile par l’expérience, la confiance et la patience. »
Gabriele Freytag

Un lieu sauvage est le récit autobiographique de la psychothérapeute allemande Gabriele Freytag. En 1997, elle reçoit le diagnostic d’un cancer du col de l’utérus à un stade avancé (PAP5). Pour éviter le traumatisme d’une hystérectomie,  la mutilation de sa féminité et l’empoisonnement de son corps elle choisit, en accord avec son métier, un chemin loin de tous les protocoles conventionnels. Dans un premier temps, son courage et son espoir se basent sur l’expérience du professeur de yoga Adelheid Ohlig, guérie du même type de cancer en s’appuyant exclusivement sur les médecines douces et la psychothérapie. A la recherche des vraies causes de sa maladie, elle découvre son mal dans le rapport qu’elle a envers elle-même et sa façon de se positionner dans sa vie. Elle s’intéresse, entre autres, aux travaux de l’oncologue berlinois Walter Weber qui comme Ryke Geerd Hamer voit l’origine du cancer dans un conflit intérieur non résolu, vécu dans la solitude. Selon ce médecin, les cellules cancéreuses sont des cellules qui ont perdu leur capacité de communiquer avec leur entourage direct pour se retirer « dans leurs bulles » avant d’envahir l’ensemble. Elle s’inspire du travail de la psychologue Monika Wiedemann-Borne qui constate que les malades du cancer sont souvent des gens très affables et adaptés qui n’ont pas intégré leur côté indompté, l’enfant « mauvais » que nous avons tous en nous et qui va à l’encontre de ce que l’on attend de lui. Ce sont alors les cellules « malignes » qui lancent l’appel d’intégrer nos zones d’ombre et de nous montrer au monde tel que nous sommes.


Avec profondeur, légèreté et humour, Gabriele Freytag emmène le lecteur sur son parcours qui se construit successivement : les encouragements et les obstacles qu’elle rencontre, ses réflexions pour peser le pour et le contre, la prise de responsabilité pour sa santé, son intérêt pour les travaux de David Servan-Schreiber, Caryle Hirshberg, Candace Pert et Susan Sontag, ses confrontations aux gynécologues qui lui reprochent souvent violemment d’agir de façon folle et irresponsable, ses doutes et ses peurs avant de choisir un chemin qui est résolument le sien. Consciente du danger, elle part dans une expérience sans précédent : « Approcher le sauvage n’est pas sans risque. Nous devons quitter notre confort car le sauvage se trouve au-delà des sentiers battus. » (p. 228) Son choix se base sur le savoir ancestral que l’humain n’existe pas seulement dans sa dimension physique. Les liens entre le corps et l’esprit sont indissociables et forment un ensemble. Avant de se manifester dans le corps physique, notre mal-être et nos maladies apparaissent d’abord dans les couches subtiles et immatérielles qui font elles aussi partie intégrante de notre être. Gabriele Freytag part alors de l’idée qu’un problème, même s’il s’appelle cancer, doit être résoluble à l’endroit où il commence par se manifester : dans nos dimensions psychologiques et spirituelles.

vendredi 17 février 2017

lettre ouverte à propos du nouveau livre de Ruwen Ogien 'Mes mille et une nuits'

Je me permets de vous faire parvenir quelques réflexions à propos de la présentation du nouveau livre de Ruwen Ogien Mes mille et une nuits. Je suis une ancienne malade du cancer et auteur des livres La maladie guérit – de la pensée créatrice à la communication avec soi (Quintessence 2014) et Traverser le miroir – de la peur du cancer à la confiance en la vie (L’Harmattan 2016). En lisant mes titres, vous vous doutez bien que je me trouve à l’opposé des idées énoncées par votre invité. Je fais partie de ces personnes qui ont cheminé avec leur maladie, qui se sont laissé toucher par elle et qui l’ont pris comme une occasion de grandir. Comme votre invité, je ne perçois pas la maladie comme une punition, comme lui je m’abstiens de glorifier la souffrance et comme lui je pense que le fait de ne pas trop se prendre au sérieux nous soulage de bien de maux. Mais contrairement à monsieur Ogien je pense que nous pouvons nous servir de ce qui nous arrive pour envoyer un peu de lumière dedans.

Je ne comprends pas qu’un philosophe puisse se priver de toute métaphysique et abandonner la quête de sens pourtant propre à l’être humain depuis qu’il s’est mis debout. Pour évoluer, nous avons toujours eu besoin de bouleversements, de frottements, de conflits et aussi de maladies. Oublier cela quand on est dans la détresse se comprend, mais diffuser ces opinions face à une société qui souffre profondément  d’une perte de sens à tous les niveaux me semble contestable. Selon mon expérience, la maladie n’est ni bien ni mauvaise ; elle existe, c’est tout. A nous de lui donner un sens ou pas. J’ai choisi de prendre le symptôme comme un message, un mal-a-dit exprimé par mon corps pour m’informer que quelque chose ne tournait pas rond dans ma vie. Je me suis alors mise en quête. Cela m’a permis de me libérer de mon rôle de victime et de prendre la responsabilité pour ma santé et ma vie en main. Responsabilité ne signifie pas culpabilité. Cette dernière se réfère à quelque chose du passé que je ne peux plus changer tandis que la responsabilité se vit en rapport avec mon présent. Si je n’ai pas le pouvoir de changer les données, il me reste à choisir ma position et à vivre ce qui m’arrive comme une tragédie ou une comédie.

Je vois dans les propos de monsieur Ogien se refléter l’énorme souffrance de notre société actuelle: la primauté du matériel sur le spirituel, la perception de l’humain comme une machine, une simple ressource qui devient superflue au moment où elle ne fonctionne plus correctement, l’être accaparé par la peur de l’égo de perdre son pouvoir de séduction, …  Pleins de méfiance, nous vivons coupés les uns des autres, séparés par toutes sortes d’écrans, chacun installé plus ou moins confortablement dans sa bulle. Nous avons perdu la capacité de communiquer directement et vivons chacun selon ses propres règles. C’est exactement ce qui se passe dans un corps qui développe une tu-meur(s) : des cellules qui ont perdu leur capacité de communiquer avec leur environnement avant d’exploser et de se répandre sans orientation dans tous les sens. La maladie, au lieu d’être une fatalité, ne serait-elle pas juste le reflet de notre comportement ? A nous d’explorer l’être qui s’est enfermé dans sa bulle et d’entrer en action autrement si nous voulons changer les choses.

jeudi 2 février 2017

La lutte contre le cancer - l'emblème d'une société en autodestruction ?

J’ai fait un rêve. J’imaginais comment dans cinquante ans, quelques survivants de nos sociétés modernes (s’il y en a) se pencheront sur les dossiers médicaux d’une des maladies les plus emblématiques de notre temps: le cancer. Stupéfaits, ces chercheurs apprendront que nous nous attaquions à nos maladies en utilisant des armes de destruction massive. En souvenir des champs de bataille des grandes guerres où ces armes avaient fait leurs preuves, on tuait l’ennemi à grands coups de lame et en utilisant des armes chimiques et nucléaires. Les chercheurs sauront ainsi qu’une grande peur régnait alors dans les pays industrialisés de la planète car cet ennemi pouvait attaquer les habitants à tout moment et surtout quand ils ne s’y attendaient pas. Sournoisement, il envahissait les corps et s’y installait sans que les gens s’en rendent compte. Tous les moyens étaient alors permis pour lutter contre ce danger qui touchait quasiment la moitié de la population, tous âges confondus. Puisque l’on ne savait jamais si les tumeurs détectées par des appareils de plus en plus sophistiqués allaient être fatales ou pas, tout le monde se faisait traiter.  La moitié ne survivait pas, mais on ne savait plus si c’était à cause de la maladie ou de son traitement.

Ahuris par de telles aberrations, les chercheurs se demanderont comment des humains qui se considéraient comme des êtres civilisés avaient pu se comporter ainsi, d’autant plus que des approches naturelles et efficaces existaient déjà. Elles avaient été marginalisées et décriées en connaissance de cause par les décideurs politiques et économiques, qui à l’époque étaient mariés. Leur seul objectif était de faire un maximum de bénéfices. Et c’est ainsi qu’ils continuèrent leur course infernale vers la destruction de leur monde jusqu’à ce que le voile se déchire pour ouvrir le passage vers un autre monde. Dans mon rêve, les survivants commenceront à se questionner : Pourquoi l’alimentation ne faisait-elle pas partie des soins? Ces professionnels de santé, n’étaient-ils pas au courant des découvertes de la médecine énergétique, de l’épigénétique, des neurosciences ? Ne savaient-ils pas que c’est l’esprit qui précède la matière et non pas l’inverse, que les différents constituants d’un être vivant sont indissociables ? Pourquoi continuèrent-ils à sectionner les corps humains en parties et sous-parties sans s’intéresser à l’ensemble ? Comment un système dit ‘de santé’ avait pu sacrifier autant de vies ? Et comment ces professionnels ont-ils pu ne pas écouter les voix déjà nombreuses de ceux qui mettaient en garde contre un tel fonctionnement ?

Dans mon rêve, il s’avérera que ces gens avaient vu juste. Comme chaque symptôme, le cancer est l’expression du vivant pour signaler un problème non seulement physique. Il est une invitation à regarder notre façon d’être, et à évoluer dans le sens de la vie, comme nous l’avons toujours fait. Si nous avions osé ouvrir les yeux, nous aurions vu ce qui se passait dans notre monde. Nous aurions compris l’enjeu du manque de communication dans un système qui ne donnait plus aucun sens à la vie. Tous ces gens derrière les écrans, enfermés dans leurs bulles, isolés de leur entourage direct et coupés de l’être authentique qui les habite. Il fallait que cela explose un jour. Le manque de ce qui est essentiel pour les êtres de lien que nous étions avait créé un vide qui s’est ensuite rempli par un message qui apparaissait dans une sorte de bulle, comme on les voyait dans les bandes dessinées : tu meurs. L’information était donnée pour que nous l’écoutions et changions enfin de direction. Elle n’était pas un cri de mort.  Elle était un appel de la vie qui nous posait des questions fondamentales: Quelle partie en nous était en train de mourir ?  Qu’est-ce qu’il fallait lâcher pour accéder à une vie plus épanouie et plus authentique, plus en lien avec nous-mêmes, les autres et notre environnement ? Mais nous ne l’avions pas écouté. Le message n’a pas été entendu. Beaucoup avaient alors perdu la vie dans cette guerre. Il n’existait pas une famille qui ne pleurait pas ses morts.


Dans mon rêve, tout cela sera fini. Une autre époque commencera. Lentement, les survivants se lèveront pour se rendre à la grande salle où aura lieu le jugement de tous ceux qui avaient entretenu le fonctionnement de cette machinerie de guerre pour crime contre l’humanité. Quand je me suis enfin réveillée, j’avais compris : Je me suis levée, j’ai embrassé l’être que je suis et j’ai laissé derrière moi toutes ses histoires d’ennemis et de combats qui ne servent que ceux qui les entretiennent, pour me mettre en route et vivre la paix à tous les niveaux de mon existence.

mardi 29 novembre 2016

Estimés médecins, spécialistes du cancer,

Vous êtes de plus en plus sollicités. Une bonne partie de vos patients va développer un cancer au cours de sa vie et beaucoup ne vont pas survivre. C’est une douloureuse réalité aussi pour vous qui vous engagez tous les jours aux côtés de l’humain. Si j’ai un grand respect pour votre travail, je me sens en même temps préoccupée par l’orientation  que prend le traitement du cancer aujourd’hui. Je suis une ancienne malade et  j’ai reçu le protocole classique chimiothérapie, intervention chirurgicale, radiothérapie,  hormonothérapie. Je n’avais pas le choix. Bien qu’ils existent, d’autres traitements n’entrent pas dans le portefeuille de ce que la médecine conventionnelle nous propose aujourd’hui. Malgré la violence de la méthode vous ne pouviez rien me promettre. Chaque personne est différente me disiez-vous pendant que vous m’administriez un protocole conçu pour des millions de personnes. En faisant foi aux statistiques, vous me parliez de rémission. Mais moi je voulais guérir durablement.

Je me suis alors occupée de ce qui me donne vie, de ce qui m’anime et de ce qui remet l’ensemble corps-esprit que je suis en équilibre. Aidée par des thérapies naturelles et holistiques, j’ai réalisé que mon organisme dispose d’un potentiel d’auto-guérison inouï. En expérimentant la force de l’acceptation, de la pensée créatrice et de la bienveillance envers moi-même, j’ai vécu un véritable processus de transformation intérieure. Je pense aujourd’hui que c’est l’ensemble qui m’a redonné la santé : les avancés de la médecine moderne, les thérapies complémentaires et la responsabilité que j’ai décidé d’assumer pour ma santé et ma vie. Nous sommes plus stables sur trois pieds que sur un seul ou deux, n’est-ce pas ? Si nous voulons dépasser les problèmes devant lesquels nous nous trouvons aujourd’hui, je pense qu’il est important de prendre conscience que c’est seulement ensemble que nous nous en sortirons. Vous le savez : les méthodes que vous appliquez et cautionnez pour traiter le cancer nous guérissent rarement. Elles nous rendent dépendants et souvent même elles nous tuent. Au moment où nous nous trouvons face au fait que la médecine est devenue elle-même la troisième cause de mortalité, nous avons tous à nous remettre en question et à nous demander si nous sommes sur le bon chemin.

S’il vous plaît, intéressez-vous un peu plus à l’ensemble que nous sommes. Ne nous sectionnez pas en parties et sous-parties pour nous mettre dans des cases préfabriquées et nous administrer le même traitement à tous. Ne vous contentez pas d’être les revendeurs de médicaments qui servent surtout les intérêts de ceux qui les fabriquent. Lisez vos propres publications et les nombreuses études qui démontrent régulièrement l’inefficacité et la dangerosité des traitements conventionnels du cancer. Et ne nous transformez pas en cobayes humains. Il se pourrait qu’un jour vous soyez tenus comme responsables de crime contre l’humanité. Ecoutez-nous quand nous essayons de vous parler de ce qui nous a aidé en-dehors de vos méthodes et ne nous traitez pas d’irresponsables ou de fous quand nous voulons sortir du moule. Arrêtez de passer sous silence les effets secondaires à long terme et prenez le temps de nous parler sincèrement. Tenez compte de l’importance de l’alimentation et ne permettez pas que l’on nous serve une nourriture malsaine dans vos hôpitaux. Pendant vos consultations, parlez-nous du danger du sucre et des aliments acides et faites interdire que l’on nous serve des petits gâteaux industriels lors de nos séances de chimiothérapie. Ne parlez pas de choses dont vous ne savez rien en affirmant que le cancer n’a pas de causes psycho-émotionnelles. Nous, vos ex-patients qui ont survécu en savons quelque chose. Rangez-vous de notre côté. Ecoutez-nous, demandez-nous, inspirez-vous de nous et faites confiance au vivant plus qu’à vos machines, vos techniques et vos prescriptions. Nous avons besoin les uns des autres. Conjuguons nos talents. Commençons à faire équipe et partageons nos connaissances et nos expériences, pour le bien de nous tous.


Avec tous mes respects,
Kerstin Chavent

lundi 28 novembre 2016

Cancer: mourir à ce qui est malade en nous

Tu meurs – le message n’est pas facile à accueillir. Il ne s’agit pas de trouver bien ce qui arrive, mais d’essayer de le prendre comme une information. Le corps communique à sa façon. Par la maladie, il nous informe que quelque chose ‘ne tourne pas rond’, n’est pas fluide, se trouve bloqué. Nous vivons dans un univers où tout est interconnecté. S’il y a un problème quelque part, il y a forcément une répercussion de ce problème ailleurs. Nous ne pouvons alors pas séparer corps et esprit, notre forme matérielle et notre être. Ils forment une unité. Jung disait que ce n’est pas nous qui guérissons nos maladies mais nos maladies qui nous guérissent. Commençons alors par nous montrer curieux et écoutons le mal-a-dit.

Tu meurs : Mon mal s’exprimait à travers mon sein. Le sein, c’est l’organe avec lequel nous nourrissons nos enfants, et à défaut nos projets. Je n’ai pas d’enfants et j’en ai longtemps souffert. J’ai fait des études pour être professeur agrégée de langues, mais depuis que je vis en France, je donne des cours à droite et à gauche et nourris d’innombrables projets sans jamais les accoucher vraiment. J’ai beaucoup culpabilisé de ne pas avoir eu d’enfants, ni d’avoir fait carrière ni le tour du monde. Je ne correspondais pas à l’image qui m’a été transmise par mon éducation et que j’avais bien intégrée. Je ne me sentais pas à ma place, toujours redevable de quelque chose. Sans en avoir conscience, je me reprochais en permanence mes ‘échecs’. Il fallait toujours que je fasse encore plus : être plus attentive aux besoins et aux désirs des autres, donner plus, … Mon corps a bien compris le message : il a formé une masse là où je suis le plus vulnérable.

Tu meurs : Le cancer m’a invitée à m’intéresser à moi et à me poser cette question vieille comme le monde : qui suis-je ? Qu’est-ce que je fais dans cette vie ? Quel sens je lui donne ? Je ne trouvais pas les réponses à l’extérieur. Ce n’étaient pas ceux qui me traitaient avec des armes lourdes conçues pour des millions de personnes qui allaient me le dire. Il était à moi d’aller en quête de ce qui pourraient être les vraies causes de ma maladie. Il n’est pas très confortable de se mettre en question et d’aller chercher en soi ce qui ne va pas. Il est beaucoup plus facile de chercher les causes de son malheur à l’extérieur… Je me suis demandé quelle était la relation que j’avais envers moi-même. Etait-ce une relation de bienveillance ou étais-je mon propre tortionnaire en exigeant toujours plus ? J’ai trouvé que je n’étais pas vraiment mon amie. Je voulais donner une image de moi qui correspondait à ce que je croyais qu’on attendait de moi. Mais ce n’était pas moi. J’étais comme séparée de mon être. 

Tu meurs : Il fallait alors que je me rapproche de qui je suis, de mes forces et de mes faiblesses. C’est un chemin qui demande une grande ouverture, de l’humilité et du courage. J’ai découvert qu’à l’intérieur de moi se trouve un univers aussi grand que l’univers à l’extérieur de moi. J’ai aussi découvert que j’avais mis plein de couches de protection autour de moi pour éviter que l’on voie mes faiblesses. Si je voulais m’approcher de cet être authentique qui m’habite, il fallait alors que je commence à m’éplucher, couche par couche. C’est comme si on ouvre des fenêtres pour laisser entrer la lumière dans des espaces sombres ... Enlever ses réticences et ses peaux dures peut faire mal. Mais la douleur passe quand on arrive à les laisser partir. 

Tu meurs : Le chemin que j’ai choisi était alors un chemin de paix. Je cherchais à communiquer, à comprendre. Quand il s’agit du cancer, notre médecine nous propose souvent un chemin inverse : on nous parle de monstres qui nous attaquent de l’intérieur, de cellules malignes, de guerre contre la maladie. Cette image belliqueuse de la maladie justifie tous les moyens : on brûle, on ampute, on empoisonne. J’ai suivi le protocole classique et je l’ai même assez bien supporté. Puisque j’étais en arrêt maladie, il m’a donné l’occasion de m’occuper de moi, de prendre soin de moi. Mais je ne pense pas qu’il m’ait guéri. On ne m’a d’ailleurs jamais parlé de guérison, seulement de rémission. Je pense que pour guérir, il ne suffit pas de tendre le bras et de laisser faire les autres. Il faut prendre sa responsabilité pour sa vie et sa santé en main. Etre responsable ne signifie pas être coupable. La culpabilité se réfère à quelque chose qui a eu lieu dans le passé. La responsabilité est l’attitude que nous choisissons en ce moment. 

En vie : Ma tumeur c’était alors transformée en envie. Je n’étais plus patiente, je suis devenue femme, un être humain qui s’interroge sur le sens de sa vie. Je ne pouvais pas voir ce qui m’arrivait séparément du monde dans lequel je vis. Ce monde va mal. Quand je regarde autour de moi, je vois des gens penchés sur leurs écrans. Nous nous enfermons dans des bulles, coupés des autres et de notre entourage. Dans notre enfer-mement, nous ne respectons plus les lois communes mais développons nos propres lois. En perte d’orientation, nous commençons à aller dans tous les sens, envahissons l’ensemble et risquons de provoquer la mort de l’organisme qui nous héberge. C’est exactement ce qui se passe dans un corps qui développe un cancer. Cette maladie, qui touchera bientôt la moitié de la population, nous communique-t-elle que nous nous sommes trompés de chemin ? Au lieu de sectionner, de diviser, de séparer, d’exclure nous devons nous mettre à intégrer, unir, créer des liens entre nous, des liens avec la nature et la vie,…. 

En vie : Comme nous, les cellules malades ne veulent pas tuer leur hôte car cela signifierait leur propre mort. Ces cellules veulent vivre ! Elles n’obéissent pas à l’apoptose, au programme d’autodestruction de chaque cellule, nécessaire pour garder l’ensemble en vie. Elles explosent dans tous les sens en quête de sens. Le cancer, serait-il alors plutôt un appel à la vie qu’un cri de mort ? Vivre plus en accord avec soi-même, être plus respectueux de ses propres désirs, développer une relation de bienveillance envers soi, accepter ses côtés lumineux et ses cotés sombres, prendre sa place dans cette vie, laisser s’exprimer ses dons et ses talents, son unicité, devenir créateur. Construire des liens avec les autres, échanger avec eux, partager, rire, se confier à eux, parler, s’ouvrir, ouvrir les bras , … Nous sommes des êtres de lien, nous avons profondément besoin de nous sentir unis, liés. Le problème est la séparation. La solution est l’union.

dimanche 28 août 2016

Une approche pacifique du cancer

Selon les statistiques, une femme sur huit peut développer un cancer du sein au cours de sa vie. Dans les prochaines années, le cancer peut affecter jusqu'à la moitié de la population. Après les maladies cardiovasculaires, il est la deuxième cause de mortalité dans nos pays industrialisés, juste avant les décès causés par les traitements médicaux eux-mêmes. Après avoir reçu le diagnostic d’un cancer du sein en 2012, j’ai suivi un protocole classique. Le vocabulaire communément utilisé reflète l’agressivité des traitements. Nous luttons contre des tumeurs malignes et nous battons contre des cellules que notre organisme crée pour nous tuer. C’est le comble de l'horreur : l'ennemi ne nous attaque pas de l'extérieur, il est déjà dedans et nous menace depuis l’intérieur. Nous ne sommes plus en sécurité nul part. Tous sont exposés à ce danger. Le pire : nous ne sentons pas venir ce mal qui nous envahie sournoisement. Mais des solutions existent : des appareils sophistiquées sont capables de détecter les problèmes même avant que nous prenions connaissance de leur existence. Cette procédure est appelée prévention. En réalité, il ne s’agit pas d’éviter une maladie mais de la traiter le plus tôt – et le plus longtemps possible. On brûle, empoisonne et ampute. La violence de ces méthodes nous rappelle étrangement que les traitements contre le cancer n’ont pas vu le jour dans un laboratoire, mais sur les champs de bataille des deux dernières guerres. Tout est détruit. On espère que seulement les bonnes cellules survivront. Chaque personne est différente –j’entends souvent cette phrase à l’hôpital pendant que je subis des traitements conçus pour des millions de personnes. Leur toxicité détruit peu à peu ce dont le malade a le plus besoin : le bon fonctionnement de son système immunitaire. L’objectif est d’interrompre ou au moins de ralentir l’invasion de l’ennemi. On ne parle pas de guérison mais de rémission. Personne ne peut rien nous promettre, il n’y a aucune garantie. Tous les espoirs reposent sur les statistiques. Les chiffres sont le fondement de notre médecine. Nous avons foi en elles parce que nous croyons en leur objectivité - mais ils ne reflètent qu'une partie de la réalité et dépendent de l'objectif de qui les interprète.

J’ai terminé et survécu les traitements – mais en cours de route j’ai changé de vision. J’enseigne les langues et la communication et connais l’importance des mots. J’ai commencé par changer mon vocabulaire en parlant de ma tumeur. Puisque c’était mon corps qui l’avait créé, elle était bien en relation avec moi. En la nommant ainsi, elle était déjà moins monstrueuse car ce que nous craignons le plus reste toujours caché dans l’obscurité. Je pouvais alors m’entretenir avec ma maladie, écouter le mal-a-dit et essayer de comprendre l’information. Les cellules malignes étaient des cellules malades qui avaient perdu la capacité de communiquer avec leur entourage. Elles s’étaient isolées du reste de l’organisme. Il me paraissait logique que pour guérir, mon corps avait besoin de soin et d’amour. J’ai alors cessé de me battre contre cette partie de moi qui s’appelait tu meurs pour l’intégrer dans ma vie. 

Contrairement à la médecine des pays industrialisés qui sectionne l’organisme pour intervenir sur les parties devenues dysfonctionnelles, les médecines naturelles aident l’organisme à développer ses forces naturelles d’auto-guérison. Selon ces approches, notre santé dépend de la qualité de l'énergie qui circule dans l’organisme. Quand cette énergie circule librement, le corps est en équilibre et alors en bonne santé. Cet équilibre concerne l’ensemble, et non pas seulement une de ses parties. Dans l’ère après Newton et Pasteur, nous savons que les choses dans notre univers n’existent pas les unes séparées des autres mais forment un tout. Quand il y a un problème, nous ne pouvons pas le résoudre en le coupant du reste. Les solutions se trouvent dans l’équilibre de l’ensemble. 

Selon Carl Gustav Jung, nous ne guérissons pas nos maladies, ce sont nos maladies qui nous guérissent. Elles nous montrent que nous avons négligé un aspect important de notre vie. C’est alors le corps qui communique à sa façon qu’il est temps de nous occuper de nous. La maladie est un message, et non pas une punition. Nous ne sommes pas coupables du fait qu’elle soit arrivée mais responsable de l’attitude que nous prenons face à elle. Ma tumeur m’a montré où regarder : le sein, ce symbole de la féminité et du donner-recevoir m’indiquait ce que je n’avais pas vu jusqu’alors. J’ai commencé à mettre en lumière ce qui était caché depuis longtemps et à prendre réellement place dans ma vie. J’ai compris que ce cancer, même s’il pouvait me tuer, n’était pas venu en ennemi et qu’au fond il n’était pas un cri de la mort mais un appel à la vie ! Les cellules cancéreuses n’obéissent pas à ce que l’on appelle apoptose, le programme d’autodestruction des cellules saines. Le fait qu’elles soient en quelque sorte immortelles, ne reflète-t-il pas le désir de vivre plus, de manière plus authentique et plus harmonieuse ? Le désir inaccompli d’une vie plus en communion avec notre entourage et en équilibre avec l’ensemble ? Ce cancer ne nous indique-t-il pas que nous nous sommes égarés, isolés derrière nos écrans comme nos cellules malades et qu’il est temps de donner un autre sens, une autre orientation à notre vie, et ce non seulement à un niveau individuel mais aussi collectif? 

Nous ne pouvons pas nous séparer de l’ensemble. Ce n’est pas seulement notre façon de vivre notre vie qui nous rend malade. C’est aussi le monde que nous avons créé ensemble. Comment pourrions-nous croire qu’un système dont le tout premier but est la croissance économique puisse agir pour le bien commun ? Nous parlons de pouvoir d’achat, de ressources humaines et de capital santé – mais plus des valeurs fondamentales de notre république. Nous bafouons ce que nous avons de plus précieux. Nos corps malades nous le rappellent – et nous donnent ainsi l’opportunité de changer de cap pour vivre de manière plus respectueuse dans l’ensemble que nous formons. Peut-être nous ne guérirons pas du cancer et peut-être nos enfants subiront encore plus les conséquences d’un système devenu malade – mais cela ne nous empêchera pas de commencer à nourrir ce que nous avons de mieux en nous aujourd’hui.

dimanche 1 mars 2015

Le cancer – le syndrome d’une société en manque de communication ?

Nous n’avons jamais autant parlé de la communication qu’aujourd’hui et jamais les moyens techniques pour communiquer n’ont été aussi développés. A chaque seconde, d’innombrables messages font le tour du globe. Nous passons une grande partie de notre vie en compagnie d’appareils qui facilitent la communication - et pourtant : nous ne nous sommes jamais sentis aussi seuls et isolés qu’aujourd’hui. Il semble que chacun de nous vit comme dans une bulle où plusieurs écrans sont à sa disposition. Les yeux rivés dessus, nous envoyons des milliers de messages à des centaines de personnes qui commencent à ressembler de plus en plus à des SOS désespérés : regardez-moi, écoutez-moi, aimez-moi !

Pendant ce temps, nous nous trouvons entourés de personnes réelles, mais nous ne les voyons pas. L’autre jour, j’observais deux jeunes filles sur un banc, chacune tapotait sur le clavier de son iPhone. Pendant qu’elles étaient assises l’une à côté de l’autre, elles étaient en train de s’envoyer des messages. Les informations qui auraient pu être échangées sans intermédiaire devenaient virtuelles et perdaient ainsi leur valeur initiale et humaine. En codifiant les messages que nous envoyons, nous coupons le contact direct avec l’autre : le regard passe par un écran, le son d’une voix par des ondes électromagnétiques. Bientôt, nous aurons accès à la virtualisation de nos autres sens. Le monde numérique prend le dessus sur le monde physique. Tout cela nous apporte de nombreux avantages – mais à quel prix ?

La qualité de cette technique se révèle à travers celui qui l’utilise. Quelle est notre motivation quand nous nous servons de tous ces outils censés améliorer notre visibilité et faciliter l’échange avec l’autre? Servent-ils à nous rapprocher des autres ou sont-ils un véhicule pour exhiber les manifestations impulsives de notre égo désespéré ? L’outil est à la hauteur des intentions de son usager. Il est certain que nous ne communiquons pas mieux grâce aux outils les plus sophistiqués si nous n’avons pas appris à échanger avec notre entourage en tant que personnes en chair et en os et en nous servant de tous nos sens.

La communication virtuelle nous fait oublier surtout une chose : la base d’une communication réussie est l’écoute. Il est devenu rare de rencontrer des personnes qui savent écouter. Le plus souvent, les paroles de l’autre nous servent de tremplin pour rebondir sur nos propres avis. Mal écouter l’autre est mal s'écouter soi-même – car l’autre est le miroir de ce que je sais ou ne sais pas faire vis-à-vis de moi-même. Puisque pour beaucoup communiquer signifie surtout parler, nous avons oublié d’écouter. Nous avons hâte de produire et d’émettre des messages et laissons peu d’espace au silence.

samedi 28 février 2015

Cancer et communication

Dans notre univers, tout est lié, tout communique. La vie existe parce que les organismes échangent entre eux. Sans échange pas de vie. En cela, les plus petites parties suivent les mêmes lois que les plus grandes. Nous échangeons en permanence des informations avec notre environnement. Comme le disait le psychologue Paul Watzlawik,  il nous est impossible de ne pas communiquer. Dans notre corps, le processus est le même : les cellules envoient et reçoivent continuellement des informations pour assurer le bon fonctionnement de l’ensemble. Mais au cours de notre vie, nous recevons des coups qui interrompent partiellement le flux des informations : chutes, accidents et violences créent des blessures tant physiques que psychiques. Tout cela laisse des traces en nous.

Quand la communication est bloquée à un endroit, c’est-à-dire quand l’énergie ne circule plus librement entre deux points, l’organisme cherche un autre chemin pour se relier avec son entourage. Par conséquent, l’endroit bloqué est séparé du reste. Il ne reçoit plus les informations comme avant. Coupé de son environnement, il ne suit plus les mêmes règles que son entourage. Cela peut créer toutes sortes de dysfonctionnements. Aussi le cancer ? Une tumeur est, en quelque sorte, une bulle qui s’est séparée du reste et qui ne communique plus avec, un amas de cellules qui prolifèrent selon des règles anarchiques. Ces cellules ne sont pas, comme on le dit, « malignes ». (Comment peut-on qualifier une cellule de « méchante » ou de « gentille » ?) Bien qu’elles aient une force destructrice, leur but n’est pas de détruire. Elles ont juste oublié comment communiquer avec leur entourage suite à une erreur de copie.