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mardi 15 décembre 2020

Cadeau de Noël

 Mon livre Voyager léger. Corona - une clé de transformation en lecture libre ici: 

 

 

Index

 

A la recherche de la source cachée

 

Homo homini virus est ?

                  Jeux d’ombres

                  Paradis perdu

                  Monoculture

 

Perte d’autonomie

                  Vivre par procuration

                  Nouvelles technologies

                  Déchirures

 

Le monde à l’envers

                  Mirages et mensonges

                  Nouvelle normalité

 

L’intelligence de la nature

                  Le mal-a-dit

                  Petite vie

 

La fin d’un monde

                  La chute

                  A la croisée des chemins

                  Démons intérieurs

 

Chevaliers des temps modernes

                  Déposer les armes

                  Tomber les masques

                  Entre deux

 

Traverser le voile

                  Se changer les idées

                  Le travail est commencé

                  En famille

 

Changer de civilisation

 

 

 

lundi 7 décembre 2020

Voyager léger

Mon dernier livre vient de sortir: Voyager léger.

L'humanité toute entière est en train de traverser une crise sans précédent. Nous voici devant un choix important à faire: continuer comme avant, basculer entre confinements, fermetures et pénalisations et risquer une dictature de la santé - ou devenir l'unique responsable de notre vie. Redécouvrir le potentiel qui est en nous ou devenir esclave de la technologie et de l'intelligence artificielle? Surveillance ou liberté? Cyborg ou humain? Personne n'échappe à ces questions. Nous nous trouvons tous aujourd'hui au seuil d'une nouvelle civilisation, d'une nouvelle humanité. A nous de décider vers où nous voulons aller. 

Ce livre ouvre un chemin à travers les questions existentielles qui, parfois, peuvent nous bouleverser. Il faut du courage pour regarder ce qui est et pour ne pas perdre de vue ce qui nous oriente depuis toujours: la lumière du soleil levant. 

 


mercredi 25 novembre 2020

Des amis pour la vie

Depuis la nuit des temps, les microbes, les plus petits et les plus anciens habitants de notre planète, sont de véritables artistes de la survie. Ils sont absolument partout. Il n’y a aucun endroit sur terre où ils n’arrivent pas à vivre. Sans eux, pas de vie. Ils sont impliqués dans tous les processus de notre organisme. Ils s'adaptent immédiatement à toutes les conditions de vie et il est impossible de les apprivoiser. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils sont nos ennemis. La recherche actuelle sur les microbes nous montre qu’ils sont surtout utiles. Seulement un pour cent, dans certaines conditions, peut nous mettre en danger. Une bonne raison de les traiter comme des amis. 

Depuis le bestseller de Giulia Enders Le charme discret de l’intestin, les microbes ont fait leur entrée en scène pour legrand public. Pas une semaine sans que nous apprenions quelque chose de nouveau sur les microorganismes. Bactéries, virus, champignons - cette « petite vie » invisible à l’œil est réellement partout : dans nos corps, sur chaque poignée de porte, dans notre fromage, dans le sol, les nuages, la glace polaire, le désert, et même dans l'espace. Aucun endroit n'est à l'abri de la petite vie. Environ un quadrillion de microbes sont en action sur et dans notre corps. Nous avons en nous jusqu'à dix fois plus de microbes que de cellules. Ils sont actifs dans tous nos organes et se rendent utiles non seulement dans nos intestins, mais aussi nos poumons, notre cœur et notre cerveau. 

Les nouvelles découvertes sur les microbes sont une claque de plus pour notre égo. Non seulement nous avons dû accepter que la terre ne soit pas le centre de l'univers. Nous avons aussi dû accepter que nos parents les plus proches sont les singes et que c’est notre subconscient qui contrôle notre vie. Et maintenant c’est le coup de grâce : nos corps sont principalement composés de microbes. Ils se mêlent de tout : ils digèrent notre nourriture, nous fournissent de l'énergie, nous libèrent de nos déchets, nettoient notre organisme, produisent les vitamines que nous ne pouvons pas produire par nous-mêmes mais dont nous avons besoin pour vivre. Ils déterminent notre groupe sanguin, stimulent et soutiennent notre système immunitaire, nous protègent des agents pathogènes, influencent nos habitudes alimentaires, notre sexualité, nos fonctions cérébrales, notre comportement social et jusqu’à nos sentiments et notre caractère. Ce sont eux qui déterminent avec qui nous pouvons bien nous sentir. C’est ainsi qu’ils se mêlent même du choix de notre partenaire. 

Les microbes nous enveloppent comme des nuages. Aucun gant, aucun tissu ou vêtement ne les arrête. Là où nous nous asseyons, nous sommes attendu par le cocktail microbien de notre prédécesseur. Quelques heures dans la même pièce suffisent pour porter l'empreinte microbienne d'une autre personne durant toute notre vie. Lorsque nous vivons ou travaillons ensemble, nos microbiomes s’adaptent les uns aux autres. Les microbes de l’un ne combattent pas les microbes de l’autre comme des intrus indésirables, mais les accueillent pour coopérer. Plus la colonisation est diverse et variée, plus nous sommes protégés. Les microbes sont donc avant toute chose : utiles. 

dimanche 15 novembre 2020

La grande illusion

Nous percevons comme notre réalité non pas ce qui est réel, mais ce que nous pensons être réel. Mais au lieu de nous servir de cette capacité à créer de nouvelles réalités, nous nous laissons constamment abuser par ce que d’autre essayent de nous faire croire. C’est ainsi que notre destin se trouve souvent entre les mains de ceux qui savent contrôler nos peurs. Nous ne comprenons pas, une fois de plus, qu’aujourd’hui encore, ceux que nous appelons nos autorités sont en train defaire une montagne d’un grain de sable. Il n’y a rien, ou pas grand-chose – mais nous croyons apercevoir un énorme danger qu’il faut combattre à tout prix. Pendant que nous misons tout sur la carte de la sécurité, le réel danger nous guette dans l’ombre. 

Pensez à un citron. Un beau citron mûr, jaune vif. Vous y êtes ? Voilà. Dans votre imagination, vous prenez un couteau et vous coupez ce citron en deux. Le jus coule le long de vos doigts et vos papilles commencent à se contracter. Cette dernière image, j'en suis certaine, vous n'avez pas à l’imaginer. Vous notez une réaction physique sans que vous n’ayez rien à faire. Votre corps réalise ce que l’image vous inspire.

Pour ceux qui ne sont pas sensibles aux citrons, je propose l'idée d'un morceau de craie que l'on tire en grinçant sur un tableau ou deux morceaux de polystyrène que l'on frotte l'une contre l'autre. En ce moment, rien de tout cela ne se passe vraiment. Mais notre corps réagit immédiatement à l’idée de ces événements on ne peut plus banals. La raison en est que notre cerveau ne fait aucune différence entre une situation réelle et une idée. 

Ce sont exactement les mêmes zones du cerveau qui sont activées lorsque nous mangeons une pomme ou que nous imaginons manger une pomme. Combien de fois il nous est arrivé que le souvenir d’une dispute nous fait monter la bile ou que nous pleurons à chaudes larmes devant un film romantique où les acteurs ne s’aiment sûrement pas pour de vrai. Notre imagination a le pouvoir de déplacer les montagnes. Nous avons entendu parler de ces mères qui soulèvent avec une force surhumaine la voiture qui menace d’écraser leur enfant ou de ces gens qui marchent sur des charbons ardents sans subir la moindre petite brûlure.

samedi 18 janvier 2020

Bonne chance

Pour une nouvelle année, nous nous souhaitons toujours le meilleur. Le pire doit rester loin. Nous voulons être heureux à tout prix. Mais souvent, malgré tous nos efforts, le bonheur ne vient pas. Nous lui courons après en vain et il résiste à toutes nos tentatives de l’attirer vers nous. Voici comment lui préparer le terrain et lui donner envie de s’inviter.

L'année est encore jeune. Mais à peine les meilleurs vœux et les bonnes résolutions ont-ils été échangés que la réalité rattrape nos souhaits de bonheur, de santé et d'épanouissement. Chaque année la même chose : vers minuit, nous levons notre coupe de champagne, nous nous regardons dans les yeux et nous nous prenons dans les bras en nous montrant sous notre meilleur jour. Nous accueillons l'année à venir avec confiance. Qu'il nous réserve de belles choses, qu'il nous protège de tous les maux. 

Nous nous souhaitons le meilleur, loin de nous le malheur ! Nous voulons être heureux. Est-ce trop demander ? Si l’on nous pose la question, c’est simple : nous voulons avoir de bonnes relations avec les autres et vivre une vie joyeuse, harmonieuse et paisible. Voilà tout. Qui voudrait une existence triste, solitaire et pleine de conflits ? Alors comment se fait-il que nous soyons si nombreux à vivre le contraire de ce que nous souhaitons ? Comment les êtres intelligents que nous sommes réussissent-ils si mal à vivre heureux ? 

A la poursuite du bonheur

Un chien, sous condition que son maître le traite gentiment, est plus apte à vivre le bonheur que nous. Une plante, un animal n’ont-ils pas une vie meilleure que nous si nous ne les en empêchons pas ? Il n'y a que nous, les humains, qui nous donnons autant de mal à mener une belle vie. Malgré tous nos efforts, le bonheur ne veut pas venir. Nous le poursuivons, nous essayons de l’obliger à venir chez nous, nous construisons des empires entiers pour le connaître enfin. Mais il reste absent.

A peine croyons-nous l'avoir attrapé qu'il est déjà parti. Un moment éphémère, un court instant, et c’est déjà fini. Il est comme une brise légère, un parfum précieux à peine perceptible que l’on reconnaît au bruit qu’il fait en s’en allant, comme le disait Jacques Prévert

Beaucoup d'entre nous passent leur vie à regretter un bonheur passé. Noël ne sera plus jamais comme avant. La vie ne sera jamais aussi sereine que lorsque nous étions enfant. Je ne serai plus jamais si amoureux... Notre regard se perd dans le passé et s'attache à ce qui est irrémédiablement perdu. C’est ainsi que nous ne voyons pas ce qui nous attend sur notre chemin d’aujourd’hui. Le regard plongé dans la quête du grand bonheur, nous sommes si absorbés par nos regrets que nous ne remarquons pas que le petit bonheur de l’instant présent essaye d’attirer notre regard. Il sautille devant nous, joyeusement, et nous fait de grands signes. Mais nous passons notre chemin, tête baissée. Et notre petit bonheur reste tout seul en haussant les épaules. 

Les accidents de la vie

Certains ont de la chance et leur bonheur leur fait un croche-pied. Ils trébuchent, vacillent, et parfois tombent. Quand on est par terre, on voit les choses sous un autre angle. On a peut-être le temps de regarder un peu ce qui se passe autour de nous. Quand la stupeur disparaît et les lamentations se dissipent – quel malheur ! Pourquoi moi !? – le vilain caillou qui nous a fait tomber peut s’avérer être un porte-bonheur. Nous prenons conscience de ce qui nous a échappé avant. Nous voyons par exemple que nous ne nous sommes pas si mal sortis jusqu'au moment où nous avons trébuché. Ou peut-être nous reconnaissons qu’une situation nous tapait sur les nerfs depuis longtemps déjà et qu’il n’est finalement pas si mal de changer enfin quelque chose. 

Nous voici à une croisée des chemins. Nous pouvons continuer à nous plaindre et à regretter – ou nous pouvons examiner de plus près ce qui nous a fait tomber. Existe-t-il un rapport avec moi et avec ma façon de vivre ? Est-ce réellement une coïncidence ? N'ai-je vraiment rien à voir avec les circonstances qui accompagnent ma vie ? Ou bien les événements qui m'arrivent sont-ils en train de me passer un message ? Portent-ils des informations pour moiqui pourrait m'aider à prendre une autre direction, à changer de cap ?

Chacun croit ce qu’il veut. Chacun interprète les événements de sa vie à sa manière. Mais d'après mon expérience, il est beaucoup plus agréable de ne pas se sentir comme la pauvre victime d’une vie injuste mais de chercher le rapport entre ce qui m’arrive et moi. Comment se fait-il que je perde mon emploi aujourd'hui ? En quoi cet accident me concerne-t-il ? Pourquoi cette partie de mon corps est-elle malade ? Ceux qui choisissent de chercher les réponses à ces questions se sentent moins impuissants et moins perdus. Il est nettement plus amusant de chercher à détricoter les fils des événements de notre vie que de la subir en serrant les dents. 

Préparer le terrain

Ce n'est qu'un pas, un petit geste. Ne plus voir les choses comme si elles étaient contre nous est comme appuyer sur un interrupteur. Clic. Soudain, tout apparaît sous un autre jour. Ce qui était effrayant devient intéressant. C'est comme dans les images en trompe-l'œil où l'on voit soit une belle femme, soit une vieille sorcière. Les lignes et les couleurs sont les mêmes : le job est toujours perdu et la maladie est toujours là. Mais à partir du moment où je vois un événement non plus comme une menace, mais comme une information, quelque chose d’important change : Les événements commencent à dévoiler leur sens. 

Je ne me sens plus comme une marionnette manipulée par des forces obscures. Je me donne du pouvoir à moi-même quand je fais le lien entre moi et ce qui m'arrive. Je n'attends plus qu'il pleuve des princes ou que le grand lot me tombe dessus. Je ne m'accroche plus à quelques miettes de bonheur que j'ai laborieusement ramassées. Je n'essaie plus à m'amuser le plus possible pour ne pas voir que quelque chose ne va pas dans ma vie. Je prépare le terrain et je fais en sorte que le bonheur ait envie de venir à moi.

Une heureuse année !

C'est ce que je nous souhaite pour cette année : accueillons ce qui se présente. Arrêtons de nous jeter sur la cerise du gâteau mais mangeons-le tout entier. Goûtons à tout ce qui est servi. Que les choses aient un goût amer ou sucré - après tout, ne sommes-nous pas ici pour faire des expériences ? Je nous souhaite de ne pas succomber à la peur quand la tempête fait craquer le sol et de trouver le courage de ne pas combattre nos ennemis supposés à l'extérieur, mais de vaincre nos démons intérieurs. Je nous souhaite de nous aventurer dans notre propre obscurité et d'y envoyer de la lumière, d'illuminer le monde par ce que nous trouvons au-delà de nos côtés sombres et de poser des actes justes dans la conscience de nos capacités merveilleuses. 

C’est possible. Cette année peut être heureuse. Malgré tout ? Grâce à tout. Nous avons maintenant la possibilité d’accueillir l’incertitude et les menaces que nous avons devant nous et de les transformer en quelque chose de lumineux. Il suffit de prendre une lampe et diriger sa lumière sous le lit sur lequel nous nous sommes endormis. Ensuite, éteignons tous ces appareils qui nous aspergent avec de mauvaises nouvelles et qui tentent de nous remonter les uns contre les autres. Levons-nous, sortons, et rencontrons-nous. Car l’ingrédient le plus important pour le bonheur est, depuis toujours, le partage.

 

 

 

 

 

 

 

jeudi 2 août 2018

Lettre ouverte à Jean-Marc Dupuis

Cher Jean-Marc Dupuis,

Je suis abonnée à vos lettres et j’apprécie beaucoup votre travail. Aujourd’hui, une de vos dernières publications m’appelle à vous répondre. Je trouve très intéressant que vous évoquiez l’image d’un dragon pour décrire le rapport aux difficultés qui nous arrivent dans la vie. Je suis l’auteur de deux livres sur le cancer (La maladie guérit, Quintessence 2014 et Traverser le miroir, L’Harmattan 2016) et j’utilise cette même image pour illustrer mon approche d’un cancer du sein qui m’a été diagnostiqué il y a six ans.

Si je me sens aujourd’hui guérie, c’est bien grâce à ce dragon qui s’est présenté à moi. Pour moi, il était avec moi, et non pas contre moi. Je ne peux voir le salut émaner d’un quelconque acte d’agression, de combat ou de guerre, d’autant plus s’il est mené contre nous-même. Car c’est bien à l’intérieur de notre corps que le problème s’est développé. Je ne me sens alors pas tout à fait d’accord avec votre interprétation du combat de Saint Georges et me permets de partager avec vous ma vision.

Oui : Le dragon nous fait sortir de notre forteresse, de nos habitudes, de notre vie peut-être un peu ennuyeuse. Oui : Il nous lance de défi de regarder en face ce qui nous arrive. Car comment voudrions-nous résoudre un problème dont nous n’avons pas conscience? Nous pouvons nous séparer de quelque chose seulement si nous l’avons accueilli avant. Et oui : Quand le dragon se présente, il nous offre la possibilité d’accéder à quelque chose de précieux qui jusqu’alors était caché. Cette rencontre est alors, comme vous le dites, une sorte de purification, de renaissance, une épreuve qui nous transforme.

Mais non, je ne pense pas que le dragon soit un mauvais élément de la Nature, une représentation du « Mal », et que l’idéal serait de le tuer dès qu’il sort de sa grotte. Cette interprétation du mythe reste attachée à une dualité qui oppose le « bien » et le « mal » qui nous sépare et qui nous garde dans une vision belliqueuse du monde qui fait ses ravages depuis des millénaires : celle du victime, du bourreau et du sauveur.

Si je vous comprends bien, vous voulez comme moi encourager vos lecteurs à oser le regard et la confrontation. Nous voulons nous sortir de la vision d’une pauvre victime impuissante qui nécessite d’un côté quelqu’un ou quelque chose qui la fait souffrir et de l’autre quelqu’un qui la sauve. Nous commençons à comprendre la différence entre la culpabilité qui nous attache à cette vieille vision du monde et qui nous enferme dans le passé et la responsabilité qui nous donne les moyens de nous positionner ici et maintenant. Ceux qui ont dépassé l’épreuve d’une grave maladie savent que ce  qui les a guéri, c’est la responsabilité qu’ils ont décidé d’assumer face à leur maladie. Ils n’ont pas attendu que l’on les sauve mais se sont mis en chemin eux-mêmes.

En parlant alors du « Bien » et du « Mal » comme vous le faites, nous restons enfermés dans une vision « diabolique » du monde, c’est-à-dire en proie à celui qui sépare et qui déchire et qui, en passant, engraisse tout un système économique malsain. Je pense que le moment est venu de faire le contraire et de commencer à réunir, à mettre ensemble. Pour nous guérir et pour guérir en même temps le monde dans lequel nous vivons, il me semble important de prendre conscience de l’interconnexion des choses et de tisser des liens : entre nous et la Nature, entre nous et notre entourage, entre nous et notre être profond.

Ce dragon qui crache son feu est alors pour moi plutôt un éveilleur qu’en ennemi. Je me demande si son feu n’est pas plutôt là pour nous guider, et non pas pour nous brûler. A l’époque de Saint-Georges, il était peut-être encore conseillé de tuer le dragon. Mais aujourd’hui, nous nous trouvons à un autre niveau de notre évolution. A l’aube d’une nouvelle civilisation qui est en train de naître, je nous sens appelés à dépasser le vieux trio infernal et toute cette culpabilité qui va avec.

Nous sommes en train de devenir des êtres adultes, entièrement responsables de leurs pensées, leurs paroles et leurs actes. Nous n’avons plus besoin de détruire et de tuer car nous avons commencé à apprendre l’art de la transmutation. Comme ces vieux alchimistes, nous savons aujourd’hui transformer la matière sombre et lourde en matière précieuse. Nous sommes en train d’apprendre à dissoudre l’obscurité en y envoyant de la lumière. Nous prenons conscience que les événements ne reflètent que le degré de notre paix et notre harmonie intérieures et qu’ils nous aident à résoudre ce qui nous fait mal.

Ce n’est pas le « Mal » qui nous fait souffrir. Ce sont nos propres résistances, c’est-à-dire tout ce qui est dur en nous, toutes ces blocages qui empêchent les énergies de circuler. Le dragon m’inspire alors non pas à le tuer, mais à prendre l’épée de Damoclès qui flotte toujours au-dessus de ma tête et de commencer à m’éplucher. J’enlève toutes ses couches que j’ai mises autour de moi et qui me rendent lourde et intransigeante et qui empêchent l’énergie de circuler librement en moi. L’image me vient alors que je deviens de plus en plus transparente pour que la lumière puisse passer.

C’est ainsi que je me sens guérir de toute chose. Ce n’est pas en m’armant et en montant mes défenses, mais en me rendant ouverte et accueillante. Je me demande d’ailleurs si Saint-Georges ne connaissait pas déjà cette vision des choses. Dans son combat, il se montre, comme vous l’avez aussi remarqué, à visage découvert. Ce n’est peut-être pas pour mieux voir l’ennemi mais pour se montrer comme il est, sans se cacher.

Je vous remercie de votre patience et vous souhaite une bonne continuation de votre travail.
Cordialement,
Kerstin Chavent


lundi 8 janvier 2018

Face au changement

Le monde change. Les bouleversements que nous sommes en train de traverser nous touchent tous, entièrement et sans exception. Tous les domaines de notre vie sont concernés : famille, relations, travail, santé, environnement. Habituellement, nous cherchons les solutions à nos problèmes à l’extérieur de nous. Nous espérons que d’autres savent mieux que nous comment nous en sortir d’une situation qui ne nous convient pas. En même temps, nous nous méfions de nos institutions et de nos politiques car nous les voyons de plus en plus séparés des bases qui les portent. Tous les indicateurs  montrent alors vers nous. A chacun de se souvenir du potentiel créatif qui sommeille en lui. Personne ne peut résoudre nos problèmes à notre place. Nous seuls pouvons décider de notre attitude face à ce qui nous arrive. Si nous apprenons à accepter ce que la vie nous propose, si nous nous rendons disponibles et ouverts, une situation qui semblait sans issue peut nous révéler des possibilités surprenantes.

Je me base ici sur ma propre expérience. En 2012, j’étais atteinte d’un cancer du sein. Mon corps me portait un message qui semblait annoncer la fin : tu meurs. J’ai décidé d’accueillir ce qui était venu vers moi. J’ai alors compris que le cri de mort était en réalité une invitation à faire mourir quelque chose en moi qui était devenu superflu. Ce n'était pas LA fin, mais UNE fin. Ce qui se passait n’était pas contre moi, même si je pouvais perdre la vie dans cette aventure. Le cancer, cet emblème du mal dans notre société actuelle,  est devenu pour moi une occasion de faire le tri et de cultiver le jardin que la vie m'avait offert de façon plus respectueuse et plus juste. Tout mon être était impliqué. Ma maladie est ainsi devenu le point de départ d'une grande quête. Je me suis mise à explorer l'être qui m'habite en me servant du messager qu'est désormais mon corps pour moi. J'apprend à faire entièrement confiance à sa justesse. Grâce à lui, j'ai commencé à vivre les événements que je rencontre comme des occasions à me rendre plus souple et plus ouverte pour mieux les traverser. Car ce ne sont pas les choses qui font mal. C'est uniquement notre façon de les accueillir. Plus nous faisons résistance à ce qui est, plus nous souffrons. Le but est alors de laisser tomber ce qui nous rend durs et intransigeants: nos vieilles convictions, croyances et habitudes qui nous tirent vers le bas.

Mes livres témoignent de mon chemin. La maladie guérit. De la pensée créatrice à la communication avec soi, est sorti chez Quintessence en 2014. En 2016 a suivi, chez L’Harmattan Traverser le miroir. De la peur du cancer à la confiance en la vie. Il critique une société qui manipule et agresse la vie et montre que d'autres chemins sont possibles si nous prenons conscience de notre potentiel créatif. En 2017 est sorti, en allemand Das Licht fliesst dahin, wo es dunkel ist. Zuversicht für eine neue Zeit (La lumière va vers l’obscurité. Confiance pour une nouvelle ère). Il illustre que le monde que nous apercevons autour de nous n’est que le reflet du monde qui se trouve à notre intérieur. C'est une invitation à se détourner du vieux modèle qui divise nos sociétés en victimes, bourreaux et sauveurs et à assumer l'entière responsabilité pour notre vie. Je me joins ainsi au nouveau souffle qui traverse le monde pour amener l’humanité à se mettre debout aussi intérieurement. 

samedi 30 décembre 2017

Voeux 2018

La division et la rupture teintent l’actualité d’une année qui s’en va: des sorties d’union, la montée de l’extrême droite, de nouvelles formes de racisme et même d’esclavage,  l’exclusion des plus démunis, séparatismes et radicalisations de tout genre, l’abime de plus en plus vertigineux entre pauvres et riches. En permanence, notre attention est guidée vers ce qui nous oppose. Or, derrière tous ces éclats se trouve une autre réalité : une recherche commune d’unité. Nous avons tous besoin d’appartenir à une communauté, d’échanger avec les autres, de servir une cause et de nous sentir reconnus. Amour, amitié, fraternité, sécurité, liberté, bonheur … nous partageons les mêmes valeurs aussi quand nous essayons de les réaliser de manières différentes. Je pense qu’il est important de se souvenir de cela. Nous ne sommes pas ennemis. Nous sommes juste le reflet les uns des autres. L’autre qui s’oppose, individuellement ou collectivement, n’est que l’image de ce que nous ne voulons pas pour nous. Ainsi, les conflits et confrontations que nous sommes en train de vivre marquent surtout une quête ardente d’identité, la recherche d’une réponse à cette question vieille comme le monde: qui suis-je ? Pour l’année à venir, je nous souhaite de nous servir de ce feu pour aller visiter ceux qui se trouvent derrières les murs et armures que nous avons érigés autour de nous et qui ne sont portés que par une seule envie : ne pas être seuls.


2 – c’est le chiffre que l’on obtient quand on additionne 2-0-1-8. Il représente à la fois la dualité et l’union. Cette année est une bonne occasion de choisir le sens que nous allons donner au mot éclat.

samedi 20 mai 2017

Lever le voile

Participons pleinement à cette grande époque. Elle n’annonce peut-être pas la fin du monde mais la fin d’un monde. Il se pourrait que le nouveau monde, un monde d’unité et de partage, se trouve déjà là, devant nos yeux. Seulement, nous ne l’apercevons pas. Nous sommes peut-être trop pressés, trop chargés, trop occupés pour le voir. Nous avons perdu cette capacité que nous avions, enfants, de voyager entre les différents univers comme si c’était la chose la plus naturelle du monde. Nous avons oublié l’époque où nous savions communiquer avec les éléments et avec les animaux et où les elfes et les dragons étaient biens réels. Aujourd’hui, nous portons le voile du rationnel devant les yeux qui nous empêche de voir que tout ce bel univers existe peut-être toujours et qu’il faudrait seulement s’asseoir, en silence, et prendre son temps pour apercevoir à nouveau ce monde où les miracles n’ont jamais cessé d’exister, le monde où tout est toujours possible et où le rêve se confond avec la réalité. C’est peut-être seulement un voile qui nous sépare. N’est-ce pas le sens profond d’Apokálupsis - apocalypse : lever le voile ? Il suffirait de le lever pour passer de l’autre côté. 



samedi 6 mai 2017

Changement


Une nouvelle énergie est en train de naître. Une énergie qui ne sectionne pas mais qui unit. De plus en plus d’humains décident déjà de vivre autrement. Ils changent radicalement leur manière de consommation, d’alimentation et de soin. Ils réduisent volontairement la quantité de leurs biens matériels. Ils ne suivent pas leur pulsion de toujours vouloir se distinguer des autres par la possession de biens car ils savent qu’ils sont uniques. Ils puisent leurs énergies dans d’autres sources. Sans prôner le retour à l’âge des cavernes, ils laissent derrière eux ce qui les encombre pour avoir les mains libres pour avancer. Certains vont jusqu’à l’expérience de se passer de tout, y compris de nourriture, pour s’alimenter de ce qui est l’essence de la vie : la lumière. A chacun de choisir son chemin et de trouver sa vérité. Essayons seulement d’admettre que les choses peuvent exister aussi si nous ne les comprenons pas ou pas encore. Nous serions restés dans l’obscurité des cavernes s’il n’y avait pas eu régulièrement des courageux qui ont mis leur nez dehors et leur vie en péril.