Mon petit dernier: Un recueil de récits, de dialogues et de pensées nés suite à la confrontation avec une des grandes maladies de notre temps: le cancer. Avant de pouvoir se libérer d'un mal, quel qu'il soit, il doit être accueilli et regardé. C'est une invitation à s'accueillir dans son intégralité, avec son histoire, son ressenti, ses bons et ses mauvais choix, ses côtés sombres et ses côtés lumineux. Ainsi, nous découvrons le potentiel créatif qui sommeille en chacun de nous et qui nous aide à créer une réalité plus juste et plus harmonieuse.
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mardi 3 avril 2018
jeudi 17 novembre 2016
La feuille qui ne voulait pas tomber de l’arbre
Voici un de mes contes:
Automne était arrivé. Le matin, les brouillards se levaient de plus en plus tard, frais et denses ; les fumées remplissaient l’air d’un avant-goût de longues soirées au coin du feu des cheminées et les arbres commençaient à prendre les couleurs de la braise : rouge flamboyant, jaune vif, orange scintillant. Le majestueux tilleul à côté de l’église, discrètement, laissait s’envoler les feuilles qui l’avaient habité pendant si longtemps. Les unes après les autres voltigeaient vers l’inconnu.
Automne était arrivé. Le matin, les brouillards se levaient de plus en plus tard, frais et denses ; les fumées remplissaient l’air d’un avant-goût de longues soirées au coin du feu des cheminées et les arbres commençaient à prendre les couleurs de la braise : rouge flamboyant, jaune vif, orange scintillant. Le majestueux tilleul à côté de l’église, discrètement, laissait s’envoler les feuilles qui l’avaient habité pendant si longtemps. Les unes après les autres voltigeaient vers l’inconnu.
Sauf une. A chaque souffle du vent, elle s’agrippait, de plus en plus désespérément, à sa brindille. Elle tremblait, elle frissonnait et se répétait, grelottante : Pourvu que ça tienne. Pourvu que ça ne lâche pas. Pourvu que je ne tombe pas. Elle ne pouvait plus penser à autre chose. Elle ne voyait pas les oiseaux se réunir avant leur traversée des mers, elle ne sentait pas la brise douce de l’automne indien et les caresses des rayons du soleil et elle n’entendait pas le bourdonnement des derniers insectes de l’année qui dansaient autour d’elle. Les jours de pluie qui rendent les feuilles lourdes et luisantes, elle attendait, angoissée, et aussi les jours de vents qui allaient la sécher et la rendre à nouveau un peu plus légère. A la moindre brise, elle observait, paniquée, ses camarades qui disparaissaient pour laisser le tilleul de plus en plus dégarni. Quelle tristesse ! Quelle indécence ! Toute sa génération partait dans le vide et la laissait seule, recroquevillée sur elle-même, de plus en plus pâle, de plus en plus sèche et de plus en plus vidée de ce qui lui avait donné vie.
Elle pensait, les veines serrées, aux jours interminables et insouciants, aux nuits douces et étoilées, aux levers et aux couchers d’un soleil radieux et éblouissant. La vie était aventure, danse, découverte. Chaque journée lui apportait du nouveau : des rencontres, des parfums, des chants. La vie bourdonnait autour d’elle, sans limites. Avec nostalgie, elle se souvenait de sa jeunesse verte et débordante. L’eau circulait en elle et lui donnait des formes ravissantes, séduisantes. Elle se frottait allègrement à ses voisines, chuchotait avec elles dans les cimes de son arbre et respirait l’air sensuel de l’été. Quelle liberté ! Quelle joie !
Au début, elle ne se rendait pas compte des journées de plus en plus courtes et des nuits de plus en longues. Elle continuait à se laisser caresser par les rayons du soleil et bercer par le vent. Mais les brises se transformaient en tempêtes et elle sentait comme si quelque chose en elle commençait à lâcher. Quand elle voyait ses voisines se détacher des branches, elle ne pouvait pas croire que les choses étaient en train de changer. La vie avait été si belle ! Mais ses regrets, son chagrin et ses souvenirs ne pouvaient pas empêcher qu’elle sente sa fin s’approcher. La fin ? En réalité, elle n’en savait rien. Elle ne connaissait finalement que sa branche et ses voisines, le vol des insectes et le chant des oiseaux, le souffle du vent et les rayons du soleil et de la lune. Y aurait-il autre chose ? La vie existerait-elle aussi ailleurs ? Y aurait-il quelque chose derrière le vide ?
lundi 5 septembre 2016
La table est mise
Au centre de l’espace, la table se dresse: des arômes délicieusement accordés qui font sauter de joie les papilles gustatives des plus réticents émanent des mets simples et raffinés à la fois; des fruits juteux et des friandises appétissantes sont posés ici et là et appellent à être dégustés; des boissons rafraîchissantes invitent qui le souhaite à étancher sa soif. Le festin offre toutes les richesses de la terre, de l’air et de l’eau. Rien ne manque ; tout est là pour que l’on s’en serve et s’en réjouisse.
Les pensées occupées par ses calculs et guidé par un vague espoir de trouver de quoi remplir son vide, le manque s’approche. Son regard se pose sur le blanc de la nappe. Il passe son chemin, affamé.
dimanche 19 juin 2016
Les 7 principes hermétiques
Le Principe de
Mentalisme « Le Tout est Esprit ; l’Univers est Mental »
Le Principe de
Correspondance « Ce qui est en Haut est comme ce qui est en Bas ; ce
qui est en Bas est comme ce qui est en Haut »
Le Principe de
Vibration « Rien ne repose ; tout remue ; tout vibre »
Le Principe de
Polarité « Tout est Double ; toute chose possède des pôles ; tout a
deux extrêmes ; semblable et dissemblable ont la même signification ; les pôles
opposés ont une nature identique mais des degrés différents ; les extrêmes se
touchent ; toutes les vérités ne sont que des demi vérités ; tous les paradoxes
peuvent être conciliés »
Le Principe de Rythme
« Tout s’écoule, au-dedans et au-dehors ; toute chose a sa durée ; tout
évolue puis dégénère ; le balancement du pendule se manifeste dans tout; la
mesure de son oscillation à droite est semblable à la mesure de son oscillation
à gauche ; le rythme est constant »
Le Principe de Cause
et d’Effet « Toute Cause a son Effet ; tout Effet a sa Cause ;
tout arrive conformément à la Loi ; la Chance n’est qu’un nom donné à la Loi
méconnue ; il y a de nombreux plans de causalité, mais rien n’échappe à la
Loi »
Le Principe de Genre « Il y a un genre en toutes choses ; tout a ses Principes Masculin et Féminin ; le Genre se manifeste sur tous les plans »
Le Principe de Genre « Il y a un genre en toutes choses ; tout a ses Principes Masculin et Féminin ; le Genre se manifeste sur tous les plans »
A méditer ...
mercredi 4 mars 2015
Je me nourris de ce que je donne aux autres
L’acte
le plus puissant pour nous donner de la joie est le mouvement vers l’autre. Nous
sommes issus de l’échange entre deux personnes et nous nous sommes construits
sur le contact avec l’autre. Un bébé que l’on isole, qu’on ne touche pas et
avec qui on ne parle pas meurt, même si les autres conditions de vie sont
données. Sans mes relations avec les autres, je ne peux pas exister. J’ai
besoin d’eux, non seulement pour qu’ils me donnent de la nourriture, de la
chaleur et de la reconnaissance, mais aussi pour qu’ils reçoivent de moi ce que
j’ai envie de leur donner.
S’ouvrir
vis-à-vis de l’autre, s’intéresser à lui, écouter ce qu’il a à me dire soulage mon
propre chagrin, mon sentiment de solitude, mon aigreur. Ils disparaissent dans
son regard. En revanche, je reçois sa confiance et le sentiment de servir à
quelque chose. Car rien de pire que de se sentir isolé et inutile dans un monde
dépourvu de sens. Et si le sens de la vie était aussi d’expérimenter que nous
sommes, au fond, unis avec l’autre et tout ce qui existe ? Essayons…
dimanche 1 mars 2015
Le cancer – le syndrome d’une société en manque de communication ?
Nous
n’avons jamais autant parlé de la communication qu’aujourd’hui et jamais
les moyens techniques pour communiquer n’ont été aussi développés. A chaque
seconde, d’innombrables messages font le tour du globe. Nous passons une grande
partie de notre vie en compagnie d’appareils qui facilitent la communication -
et pourtant : nous ne nous sommes jamais sentis aussi seuls et isolés
qu’aujourd’hui. Il semble que chacun de nous vit comme dans une bulle où
plusieurs écrans sont à sa disposition. Les yeux rivés dessus, nous envoyons
des milliers de messages à des centaines de personnes qui commencent à
ressembler de plus en plus à des SOS désespérés : regardez-moi,
écoutez-moi, aimez-moi !
Pendant
ce temps, nous nous trouvons entourés de personnes réelles, mais nous ne les
voyons pas. L’autre jour, j’observais deux jeunes filles sur un banc, chacune
tapotait sur le clavier de son iPhone. Pendant qu’elles étaient assises l’une à
côté de l’autre, elles étaient en train de s’envoyer des messages. Les
informations qui auraient pu être échangées sans intermédiaire devenaient
virtuelles et perdaient ainsi leur valeur initiale et humaine. En codifiant les
messages que nous envoyons, nous coupons le contact direct avec l’autre :
le regard passe par un écran, le son d’une voix par des ondes
électromagnétiques. Bientôt, nous aurons accès à la virtualisation de nos autres
sens. Le monde numérique prend le dessus sur le monde physique. Tout cela nous
apporte de nombreux avantages – mais à quel prix ?
La
qualité de cette technique se révèle à travers celui qui l’utilise. Quelle est
notre motivation quand nous nous servons de tous ces outils censés améliorer
notre visibilité et faciliter l’échange avec l’autre? Servent-ils à nous
rapprocher des autres ou sont-ils un véhicule pour exhiber les
manifestations impulsives de notre égo désespéré ? L’outil est à la
hauteur des intentions de son usager. Il est certain que nous ne communiquons
pas mieux grâce aux outils les plus sophistiqués si nous n’avons pas appris à
échanger avec notre entourage en tant que personnes en chair et en os et en
nous servant de tous nos sens.
La
communication virtuelle nous fait oublier surtout une chose : la base
d’une communication réussie est l’écoute. Il est devenu rare de rencontrer des
personnes qui savent écouter. Le plus souvent, les paroles de l’autre nous
servent de tremplin pour rebondir sur nos propres avis. Mal écouter l’autre est
mal s'écouter soi-même – car l’autre est le miroir de ce que je sais ou ne sais
pas faire vis-à-vis de moi-même. Puisque pour beaucoup communiquer signifie
surtout parler, nous avons oublié d’écouter. Nous avons hâte de produire et
d’émettre des messages et laissons peu d’espace au silence.
samedi 28 février 2015
Cancer et communication
Dans notre univers, tout est lié, tout communique. La vie
existe parce que les organismes échangent entre eux. Sans échange pas de vie.
En cela, les plus petites parties suivent les mêmes lois que les plus grandes.
Nous échangeons en permanence des informations avec notre environnement. Comme
le disait le psychologue Paul Watzlawik, il nous est impossible de ne pas
communiquer. Dans notre corps, le processus est le même : les cellules
envoient et reçoivent continuellement des informations pour assurer le bon
fonctionnement de l’ensemble. Mais au cours de notre vie, nous recevons des
coups qui interrompent partiellement le flux des informations : chutes,
accidents et violences créent des blessures tant physiques que psychiques. Tout
cela laisse des traces en nous.
Quand la communication est bloquée à un endroit,
c’est-à-dire quand l’énergie ne circule plus librement entre deux points,
l’organisme cherche un autre chemin pour se relier avec son entourage. Par conséquent,
l’endroit bloqué est séparé du reste. Il ne reçoit plus les informations comme
avant. Coupé de son environnement, il ne suit plus les mêmes règles que son
entourage. Cela peut créer toutes sortes de dysfonctionnements. Aussi le
cancer ? Une tumeur est, en quelque sorte, une bulle qui s’est séparée du
reste et qui ne communique plus avec, un amas de cellules qui prolifèrent selon
des règles anarchiques. Ces cellules ne sont pas, comme on le dit,
« malignes ». (Comment peut-on qualifier une cellule de
« méchante » ou de « gentille » ?) Bien qu’elles aient
une force destructrice, leur but n’est pas de détruire. Elles ont juste oublié
comment communiquer avec leur entourage suite à une erreur de copie.
Apprendre et pardonner
Si je veux vivre des relations plus justes et plus authentiques avec les
autres, il est important que le donner et le recevoir soient en équilibre.
Celui qui prend trop perd son autonomie et sa dignité, celui qui donne trop
perd son énergie et son humilité. Donner n’est pas plus noble que recevoir, celui qui donne n’est pas meilleur que celui qui reçoit. Il faut les deux
pour qu’il puisse y avoir échange. Prendre et donner – apprendre et
pardonner. N'est-il pas là, le sens de la vie des êtres conscients ?
dimanche 22 février 2015
Accepter les liens avec sa famille
Nous portons en nous non seulement l’empreinte génétique de nos parents
mais aussi la mémoire familiale de plusieurs générations. Au cours du temps,
rien ne s’est effacé. Nos tissus et nos cellules sont imprégnés par le vécu de
ceux qui nous ont précédés. Anne Ancelin Schützenberger, auteur du livre Aïe
mes aïeux, démontre comment nous sommes étroitement liés à notre famille :
un problème qu’une génération n’arrive pas à résoudre sera transmis aux
générations suivantes où il pourra se manifester sous forme de maladies,
accidents ou autres troubles. Le travail du psychothérapeute allemand Bert
Hellinger va dans le même sens : sans nous en rendre compte, nous avons
tendance à porter ce qui a fait souffrir nos ancêtres et continuons à vivre ce
qui leur était destiné - jusqu’à ce que nous en prenions conscience. Tout ce
qui existe aspire à être vu et reconnu avant de pouvoir disparaître. C’est dans
ce même sens que Jung disait que tout ce que nous ne voulons pas voir nous
revient sous forme de destin.
Je ne veux pas entrer ici dans le travail de ces grands psychologues mais
m’appuyer sur leurs observations pour réfléchir sur un sujet qui me semble
essentiel pour notre santé autant psychique que physique : la libération
de nos attachements familiaux. Il ne s’agit pas de couper nos liens d’amour
mais de dépasser de ce qui nous empêche de nous épanouir dans notre vie.
Souvent, nous ne savons pas à quel point nous sommes liés à notre famille
d’origine. Peut-être nous en sommes nous séparés et n’avons plus de contact
avec nos parents, nos frères et nos soeurs – mais cela ne veut pas dire pour
autant que nous nous sommes défaits de tous ce qui nous rattache à eux. Je
pense que c’est une illusion de croire que nous puisions nous couper de nos
liens familiaux. Nous continuons à voyager dans le même train, même si nous
avons changé de compartiment depuis longtemps. Ce qui nous relie, au fond,
continue à agir sans que nous nous en rendions compte.
jeudi 19 février 2015
Vouloir? Pouvoir? Décider!
Notre société
matérialiste est basée sur le volontarisme, c’est-à-dire la primauté de la
volonté sur les contraintes sociales et psychologiques. Qui veut, peut.
Il faut juste se battre. Celui qui perd son travail ou sa vie n’avait juste pas
assez de volonté pour réussir ou pour survivre. Il était trop faible, son
malheur est alors, en quelque sorte, de sa faute. Il n’avait qu’à faire
quelques efforts de plus, être un peu plus positif, un peu plus combatif, un
peu plus entreprenant, ne pas se laisser aller…. Le jour où nous sommes
nous-mêmes confrontés à la maladie, la perte de notre emploi, la séparation de
notre couple, nous nous rendons compte que nous nous sentons aussi
impuissants que tous les autres que nous avons toujours regardés avec un mélange de
supériorité et de frissons.
Quel est le rôle de la
volonté au moment où nous sommes confrontés à une situation difficile ? Bien
sûr, nous voulons tous guérir, nous voulons vivre, nous voulons trouver un travail, nous
voulons être heureux et vivre en paix avec les autres ! Comment est-il
possible que nous réalisons si peu ce que nous voulons ? Comment croire
encore en le pouvoir de la volonté ?
Pendant des années, je
voulais arrêter de fumer. Presque tous les jours je m’accrochais à cette
volonté, et tous les jours je me sentais un peu plus coupable de ne pas y
arriver. Qu’est-ce qui bloquait le passage à l’acte ? Je veux arrêter de fumer n’est pas la même chose que j’arrête de fumer. Je peux entretenir ma
volonté pendant des années sans que rien ne se passe. Le changement se produit
avec la décision. Je fume ou je ne fume pas, oui ou non. C’est comme si on
appuyait sur un interrupteur, on ou off. Ma volonté m’a indiqué la
direction, la décision m’a mis en mouvement. Depuis, j’utilise moins ces verbes de modalité que sont vouloir et pouvoir. Je ne les interpose plus entre moi et ce que je fais ou ce que je suis. Je ne
veux pas guérir, je guéris. Je ne veux pas être heureuse, je suis heureuse. Là
où la volonté n’a plus de pouvoir, la confiance entre en jeu.
mardi 17 février 2015
Médecins et patients : vers un partenariat plus équitable
Je viens de passer un examen de contrôle après un cancer du sein. Il fait
partie de mon protocole. Le personnel soignant ne gaspille pas son énergie pour
expliquer, orienter ou rassurer et les cinq minutes que je passe avec mon
radiologue entre deux portes semblent déjà être un privilège. Je reste sur ma
faim, pas vraiment rassurée et avec plus de questions et de doutes qu’avant…
C’est une situation qui doit se répéter des dizaines de milliers de fois
par jour dans les hôpitaux français qui font pourtant partie des meilleurs du
monde. Tout le monde fait de son mieux dans des contextes pas faciles, mais il
semble que le fossé qui s’est creusé entre médecins et patients n’est pas prêt
d'être comblé. D’un côté le savoir médical et les statistiques, de l’autre côté
l’ignorance et l’impuissance du patient. Et pourtant : la médecine ne peut
rien, absolument rien, si le patient n’est pas prêt à guérir. Tous ces
scanners, échographies, mammographies, toutes ces interventions chirurgicales, tous
ces médicaments ne servent à absolument rien si le patient n’est pas consentant
et s’il n’a pas envie de s’en sortir.
Pourquoi miser si peu sur cette carte ? Pourquoi notre système se
santé n’intègre-t-il pas plus le patient dans le processus de sa propre
guérison ? On nous fait subir des protocoles généralisés après nous
avoir répété que chaque personne est différente et qu’on ne sait pas comment
chacun réagit aux traitements. D’où vient cette certitude qui fait dire
les médecins que la personne qui s’oppose aux traitements généralisés est
irresponsable (voire folle) ? En ce qui concerne le cancer, la médecine
allopathique ne sait toujours pas d’où il vient vraiment et comment le guérir !
Mauvaise hygiène de vie, antécédents familiaux, exposition à des facteurs de
risque… mais personne ne peut être sûre de ne pas en être touché un jour malgré
un mode de vie exemplaire. D’autres ne l’auront jamais malgré deux paquets de
cigarettes par jour. On ne sait pas. Nous ne savons pas. Ne serait-il pas temps
que nous nous réunissions, médecins et patients, chacun avec ses connaissances
et ses compétences, pour trouver des solutions plus individualisées et
surtout plus durables ?
lundi 16 février 2015
Tout bien faire
Nous sommes tous portés par le désir de donner un sens à nos actions. Pour
correspondre aux attentes qui nous habitent – celles que nos parents nous ont
transmises, celles de la société dans laquelle nous vivons ou les nôtres – nous
nous efforçons à bien faire. Nous essayons d’être toujours le plus fort, le
plus beau et le plus juste possible pour satisfaire ces attentes. Seulement, ce
que je considère pour moi comme une bonne chose ne l’est pas automatiquement
pour l’autre : la maman qui surprotège son enfant et qui l’empêche de
devenir autonome, le professeur qui assomme ses élèves par son savoir, l’homme
d’affaires qui fait tout pour faire avancer son entreprise mais oublie les
valeurs humaines, le père qui travaille dur pour que son fils puisse continuer
une affaire florissante mais qui lui ôte en même temps la possibilité de
réussir par ses propres forces,… même les dictateurs et les tortionnaires de ce
monde agissent pour servir au mieux leurs causes.
La réaction de l’autre me fait savoir s’il y a désaccord. Par contre, sa
désapprobation de ce que je dis ou de ce que je fais ne signifie pas que j’ai
mal fait, mais uniquement que l’autre a sa propre façon de dire et de faire. Il
ne vit certainement pas selon les mêmes attentes que moi et il a une autre définition
de ce qui est bien. Et surtout : lui aussi veut bien faire ! Cela ne
met pas en cause mes bonnes intentions. Le désaccord avec l’autre me montre
juste que mon comportement dans une situation concrète ne lui semble pas
adapté, malgré mes efforts de bien faire. Prenons conscience qu’une bonne
intention peut avoir les pires conséquences et acceptons que nous sommes tous
maladroits, moi la première. Le problème surgit au moment où j’essaye de me
cacher derrière mes bonnes intentions. Heureusement, tant que je perçois que
l’autre n’est pas en accord avec moi, je sais où il y a du travail.
dimanche 8 février 2015
Vous n'êtes pas seuls!
Face à la maladie, beaucoup de nous se sentent seuls, désorientés et perdus. Nous avons du mal à en parler: peur de déranger ou d'être stigmatisé, honte d'être tombé malade, manque d'écoute autour de nous. Notre maladie met les autres mal à l'aise et les confronte à leur propre vulnérabilité. Et pourtant: nous sommes tellement nombreux aujourd'hui à être confrontés aux maladies dites "graves" dont fait partie le cancer que nous pouvons trouver du soutien, de la force et de l'espoir dans les gens qui se sentent comme nous. Si nous nous sentons seuls, en réalité nous ne le sommes pas! Les autres sont là, seulement il faut s'ouvrir à eux.
Nous connaissons tous le sentiment d'impuissance face aux traitements que nous subissons tant bien que mal, nous nous sommes tous sentis perdus dans les couloirs d'un hôpital, coincés dans des machines, un cas parmi tant d'autres. Et quand le protocole est enfin fini, qui ne se sent pas comme délaissé dans la nature: et maintenant? C'était tout? Comment je vais continuer à vivre maintenant? Avec cette peur de la récidive avant chaque contrôle, les forces physiques bien entamées et le coeur lourd.
Nous connaissons tous cette fragilité en nous - et si c'était elle qui nous guiderait vers les autres qui en font également l'expérience? Tous unis autour de cette fragilité qui nous habite comme cette énorme force qui émane d'elle: la force de l'union. Réunissons-nous. Les occasions sont multiples et l'offre est vaste: les associations de cancer, les groupes de parole, les tentes rouges qui émergent partout ... et enfin nos voisins, notre famille, nos amis qui, quand ils nous entendent parler ouvertement de ce qui nous préoccupe se joindrons à nous, peut-être.
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