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mercredi 4 mars 2015

Je me nourris de ce que je donne aux autres

L’acte le plus puissant pour nous donner de la joie est le mouvement vers l’autre. Nous sommes issus de l’échange entre deux personnes et nous nous sommes construits sur le contact avec l’autre. Un bébé que l’on isole, qu’on ne touche pas et avec qui on ne parle pas meurt, même si les autres conditions de vie sont données. Sans mes relations avec les autres, je ne peux pas exister. J’ai besoin d’eux, non seulement pour qu’ils me donnent de la nourriture, de la chaleur et de la reconnaissance, mais aussi pour qu’ils reçoivent de moi ce que j’ai envie de leur donner.

S’ouvrir vis-à-vis de l’autre, s’intéresser à lui, écouter ce qu’il a à me dire soulage mon propre chagrin, mon sentiment de solitude, mon aigreur. Ils disparaissent dans son regard. En revanche, je reçois sa confiance et le sentiment de servir à quelque chose. Car rien de pire que de se sentir isolé et inutile dans un monde dépourvu de sens. Et si le sens de la vie était aussi d’expérimenter que nous sommes, au fond, unis avec l’autre et tout ce qui existe ? Essayons…

samedi 28 février 2015

Apprendre et pardonner

Si je veux vivre des relations plus justes et plus authentiques avec les autres, il est important que le donner et le recevoir soient en équilibre. Celui qui prend trop perd son autonomie et sa dignité, celui qui donne trop perd son énergie et son humilité. Donner n’est pas plus noble que recevoir, celui qui donne n’est pas meilleur que celui qui reçoit. Il faut les deux pour qu’il puisse y avoir échange. Prendre et donner – apprendre et pardonner. N'est-il pas là, le sens de la vie des êtres conscients ?

dimanche 22 février 2015

Accepter les liens avec sa famille

Nous portons en nous non seulement l’empreinte génétique de nos parents mais aussi la mémoire familiale de plusieurs générations. Au cours du temps, rien ne s’est effacé. Nos tissus et nos cellules sont imprégnés par le vécu de ceux qui nous ont précédés. Anne Ancelin Schützenberger, auteur du livre  Aïe mes aïeux, démontre comment nous sommes étroitement liés à notre famille : un problème qu’une génération n’arrive pas à résoudre sera transmis aux générations suivantes où il pourra se manifester sous forme de maladies, accidents ou autres troubles. Le travail du psychothérapeute allemand Bert Hellinger va dans le même sens : sans nous en rendre compte, nous avons tendance à porter ce qui a fait souffrir nos ancêtres et continuons à vivre ce qui leur était destiné - jusqu’à ce que nous en prenions conscience. Tout ce qui existe aspire à être vu et reconnu avant de pouvoir disparaître. C’est dans ce même sens que Jung disait que tout ce que nous ne voulons pas voir nous revient sous forme de destin.

Je ne veux pas entrer ici dans le travail de ces grands psychologues mais m’appuyer sur leurs observations pour réfléchir sur un sujet qui me semble essentiel pour notre santé autant psychique que physique : la libération de nos attachements familiaux. Il ne s’agit pas de couper nos liens d’amour mais de dépasser de ce qui nous empêche de nous épanouir dans notre vie. Souvent, nous ne savons pas à quel point nous sommes liés à notre famille d’origine. Peut-être nous en sommes nous séparés et n’avons plus de contact avec nos parents, nos frères et nos soeurs – mais cela ne veut pas dire pour autant que nous nous sommes défaits de tous ce qui nous rattache à eux. Je pense que c’est une illusion de croire que nous puisions nous couper de nos liens familiaux. Nous continuons à voyager dans le même train, même si nous avons changé de compartiment depuis longtemps. Ce qui nous relie, au fond, continue à agir sans que nous nous en rendions compte.

lundi 16 février 2015

Tout bien faire

Nous sommes tous portés par le désir de donner un sens à nos actions. Pour correspondre aux attentes qui nous habitent – celles que nos parents nous ont transmises, celles de la société dans laquelle nous vivons ou les nôtres – nous nous efforçons à bien faire. Nous essayons d’être toujours le plus fort, le plus beau et le plus juste possible pour satisfaire ces attentes. Seulement, ce que je considère pour moi comme une bonne chose ne l’est pas automatiquement pour l’autre : la maman qui surprotège son enfant et qui l’empêche de devenir autonome, le professeur qui assomme ses élèves par son savoir, l’homme d’affaires qui fait tout pour faire avancer son entreprise mais oublie les valeurs humaines, le père qui travaille dur pour que son fils puisse continuer une affaire florissante mais qui lui ôte en même temps la possibilité de réussir par ses propres forces,… même les dictateurs et les tortionnaires de ce monde agissent pour servir au mieux leurs causes.

La réaction de l’autre me fait savoir s’il y a désaccord. Par contre, sa désapprobation de ce que je dis ou de ce que je fais ne signifie pas que j’ai mal fait, mais uniquement que l’autre a sa propre façon de dire et de faire. Il ne vit certainement pas selon les mêmes attentes que moi et il a une autre définition de ce qui est bien. Et surtout : lui aussi veut bien faire ! Cela ne met pas en cause mes bonnes intentions. Le désaccord avec l’autre me montre juste que mon comportement dans une situation concrète ne lui semble pas adapté, malgré mes efforts de bien faire. Prenons conscience qu’une bonne intention peut avoir les pires conséquences et acceptons que nous sommes tous maladroits, moi la première. Le problème surgit au moment où j’essaye de me cacher derrière mes bonnes intentions. Heureusement, tant que je perçois que l’autre n’est pas en accord avec moi, je sais où il y a du travail.